Au Galop !

Autobiographie d’une danseuse sous un cheval
Spectacle en création

Écrasée par son cheval, une danseuse réinvente sa vie sur un lit d’hôpital

Projet plastique et sonore pour une danseuse empêchée de bouger

« Spectacle poignant qui conjure le sort. »
Le Monde

Calendrier

  • jeudi 23 novembre Morlaix (29)

    Théâtre du Pays de Morlaix
    Au Galop !

  • Du 8 au 11 mars 2018 Paris (75)

    Le Monfort Théâtre - Etablissement culturel de la ville de Paris, dans le cadre du Festival (des) Illusions
    Au Galop !

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Rescapée

Il y a 20 ans, jeune danseuse, j’ai été victime d’un très grave accident qui aurait pu me coûter les jambes.
Phénomène aussi absurde qu’invraisemblable : un cheval s’est couché sur moi, m’écrasant le bassin. Immobilisée durant des mois, dépossédée de mon corps, de mon intimité, cette expérience a fortement conditionné ma danse et mon rapport au monde.

Ce texte est donc un voyage intime, une invitation à pousser la porte de l’hôpital, à plonger dans l’univers d’une personne dont l’univers s’est restreint à un lit. Ce monologue montre à quel point les codes sociaux (communication, séduction, jeux de pouvoir) se réinventent malgré les contraintes et les règles du monde hospitalier.

Au Galop est une ode à la pulsion de vie et s’organise en une vingtaine de séquences autonomes qui alterne monologues intérieurs, dialogues, apostrophes, narrations dans un souhait de multiplier les points de vue. Cette forme fragmentée déploie une chronologie non linéaire allant de l’accident à la mobilité. Photographie sensible d’une vie qui s’organise en marge du monde.

Après avoir collaboré avec le metteur en scène Pierre Guillois sur le solo de Nouara Naghouche « Sacrifices » puis sur « Le Chant des soupirs », journal intime et musical d’Annie Ebrel, j’ai été fascinée par la question de l’autobiographie portée à la scène. C’est donc avec Pierre que j’ai voulu mettre en forme ce récit.

C’est sans doute parce que je viens du mouvement que j’ai éprouvé la nécessité de me diriger vers une écriture plurielle de Au Galop. C’est pourquoi il était impératif de m’entourer d’un plasticien et d’un créateur sonore. Laurent Pernot a réalisé une série Still Life où des objets usuels, des animaux taxidermisés sont pris dans la glace ; j’y ai vu une résonance avec ma propre expérience, celle d’une femme gelée en attente d’un réchauffement.

En tant que danseuse j’ai un rapport charnel à la musique, une véritable passion. Jérémie Kokot est une complice de longue date et je sais sa capacité à naviguer entre la chanson française à texte, la création sonore électronique et la composition musicale qui permettra d’évoquer l’imaginaire débordant de la personne alitée que je fus.

Stéphanie Chêne

La ballerine entravée

C’est suspendue que Stéphanie Chêne incarne ce récit saisissant, à l’image de ces longues journées figées, de ces mois d’attente dans le centre de rééducation pour grands blessés qu’elle a fréquenté alors qu’elle avait 23 ans, suite à une chute à cheval.

Elle est harnachée, corsetée au milieu des poulies, des sangles et des poids. Tel est le dispositif scénique : une actrice emmêlée dans les guindes, totalement bloquée, perdue dans le vide.

Son corps immobilisé raconte à lui seul cette jeunesse stoppée dans le mouvement, la petite danseuse prise dans la glace, statufiée sur son lit d’hôpital.
Le visage seul s’anime. Il est joyeux, gourmand, bourré d’envie de jouissance. Mais le corps infirme oppose un interdit sans appel.
Elle parle, elle raconte, elle se souvient. Le kiné aveugle qui la sauve, l’amant en fauteuil roulant, les parents fébriles et courageux, le regard immense du tétraplégique de la chambre voisine. La voix est douce mais le corps pétrifié reste absurde.
Parfois le visage grimace, souffre. La rééducation a des allures de torture. Le corps de Stéphanie, tel un pantin mal recousu, s’agite fébrilement parmi les cordages, hurle.

Le spectateur assiste au paradoxe d’une interprète pleine de vigueur, qui joue de la fluidité de ses mouvements, de sa force, pour raconter le handicap et l’impuissance. Ainsi éclate sous nos yeux la vie qui bouillonne sous l’entrave, la jeunesse prisonnière dont la sublime volonté rivalise avec le miracle.

L’actrice glisse au milieu de ses liens, se couche, se pend. Elle nous fait traverser ces longs mois figés via de multiples silhouettes en lévitation afin que le spectateur, tel un voyeur privilégié, tourne autour de son lit, s’approche d’elle, la regarde du dessus, de dessous, du lit voisin, l’écoute pendant ces longues journées blanches et ces nuits infinies.

La lumière, le son et la vidéo sont les partenaires de Stéphanie. Ce sont ses rêves d’escapades et d’entrechats qui hantent ses nuits et s’impriment dans l’espace. C’est ce slow italien qui pleure tout l’amour que son corps ne peut plus faire. C’est le cheval coupable dont la carcasse débile souffle et s’agite sous son lit.

Ainsi le spectateur sera tenté de serrer dans ses bras la ballerine blessée. Mais la jeune-fille est une femme à présent. Elle est réparée depuis longtemps et c’est dans la sérénité qu’elle nous raconte ce fragment de destin, cette hanche brisée, sa carrière cabossée. On écoute, on est saisis, on pleure. On entend le galop d’un cheval, le cri de la danseuse, et la fascinante puissance de la vie qui se déploie, envers et contre tout.

Pierre Guillois

Distribution

Durée : 1h10

Ecriture et interprétation Stéphanie Chêne
Mise en scène : Pierre Guillois

Lumières : Hervé Audibert
Costumes  : Elsa Bourdin
Technique aérienne : Marc Bizet
Création son : Jérémie Kokot
Scénographie/vidéo : Laurent Pernot
Conception et Construction agrès : Eloi Miehe – Atelier de la Voûte et Manuel Vidal

Régie générale / lumières : Johan Olivier
Régie son / vidéo : Jérémie Kokot

Diffusion  : Séverine André Liebaut - Scène 2
Administration : Sophie Perret – Compagnie Le Fils du Grand Réseau
Chargée de production : Fanny Landemaine

Production : Compagnie Le Fils du Grand Réseau

Coproductions : Le Quartz, Scène Nationale de Brest / La Maison du Théâtre de Brest (soutien à la résidence) - Théâtre l’Aire Libre, Centre de production des paroles contemporaines de Saint-Jacques de la Lande -Théâtre du Pays de Morlaix, Scène de territoire pour le théâtre - Le Pont des Arts, Centre Culturel de Cesson Sévigné

Soutien : Résidence Théâtre Paris Villette février 2016 - Made in TPV
Résidence l’Onde Théâtre - Centre d’Art à Vélizy-Villacoublay (78) – Septembre 2017
Remerciements : Théâtre Tristan Bernard – Paris

Le Spectacle Au Galop ! a bénéficié de l’aide à la Création de la Région Bretagne, , du Conseil Général du Finistère et de la Ville de Brest


La Compagnie Le Fils du Grand Réseau est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC de Bretagne

Documents à télécharger

Contacts administration

Compagnie le Fils du Grand Réseau
c/o Le Quartz, Scène nationale de Brest
60, rue du Château - BP 91039 - 29210 Brest cedex 1

Sophie Perret / ADMINISTRATRICE
06 89 15 33 05 / 02 98 33 95 57
lefilsdugrandreseau@gmail.com

Fanny Landemaine / ATTACHEE DE PRODUCTION
06 40 95 17 82 / 02 98 33 95 57
production.lfdgr@gmail.com

Contact diffusion

Séverine André-Liebaut / Scène 2
01 40 53 92 41 / 06 15 01 14 75
scene2@acteun.com