La compagnie

Pierre Guillois crée sa compagnie en 1991. Elle a tout d’abord pour nom « Les Madeleines » en référence au premier spectacle « La Princesse Madeleine » de Witkiewicz créé dans le jardin des Tuileries à Paris et surtout en hommage aux comédiennes qui étaient à l’initiative de ce projet.

Après plusieurs années de vie de compagnie en marge de l’institution, après un bref parcours d’acteur et une heureuse expérience d’assistant à la mise en scène avec Jean-Michel Ribes, il devient en 2001, à l’invitation de Matthew Jocelyn, artiste associé à l’Atelier du Rhin, centre dramatique régional d’Alsace à Colmar.
C’est dans cette maison qu’il participe une action culturelle de grande ampleur dans les quartiers pauvres de la ville. Assistant de Guy Bénisty dans un premier temps, il devient ensuite le responsable de cette opération et anime pour cela de nombreux ateliers théâtre.

Ce travail avec les amateurs de la zup colmarienne durera finalement trois ans et s’achèvera par la création du spectacle Vengeance franchement vengeance. Cette expérience parfois éprouvante mais tout à fait édifiante va totalement bouleverser sa vision du théâtre car elle lui ouvre soudain des chemins de création qu’il ne soupçonnait pas.

C’est fort de cette réflexion qu’il postule ensuite à la direction du Théâtre du Peuple de Bussang. Nommé directeur en 2005, il retrouve ainsi la possibilité de travailler à la fois avec des amateurs et des professionnels. Il construit un projet dont les fondements sont : l’exigence vis à vis des amateurs, l’engagement territorial et la mobilisation de moyens capables de supporter une forte ambition artistique.
Très vite, l’écriture vient au centre du travail. Il écrit, je passe des commandes de textes à David Lescot, Rémi De Vos, Marion Aubert, invite Olivier Tchang Tchong et David Bobee à s’interroger eux aussi sur cette notion de spectacle populaire.
Avec une équipe extrêmement engagée, il développe fortement les formations en direction des amateurs, initie des rencontres entre auteurs et amateurs, organise des formules d’ateliers sur plusieurs départements et dynamise grâce à cela la présence d’amateurs au sein du Théâtre du Peuple.

Sacrifices, créé en 2008, co-écrit avec Nouara Naghouche, coproduit avec l’Atelier du Rhin et le Théâtre du Peuple, est symbolique d’un théâtre engagé auquel il aspire. Ce « one woman show » particulièrement violent aura joué plus de 220 fois.
Le gros la vache et le mainate est la dernière création de texte de Pierre Guillois à Bussang. Derrière le divertissement annoncé, se niche toute sa réflexion sur un théâtre populaire capable d’audace et de cruauté. Il a été repris en 2012 en tournée, au Théâtre du Rond Point puis au Théâtre Comédia à Paris. Il a totalisé plus de 130 représentations.

Pierre Guillois a régulièrement travaillé sur des formes hybrides apparentées au cabaret. Le dernier-né est Grand fracas issu de rien – cabaret spectral créé durant l’été 2011 à Bussang. Il a été repris au Quartz en Janvier 2013 et en tournée en France dans plusieurs scènes nationales. Il a également été repris, en 2015 au Théâtre 71, scène nationale de Malakoff.

Pierre a amorcé son travail avec les chanteurs lyriques avec Les Jeunes Voix du Rhin, à Colmar, puis au Théâtre Musical de Besançon. Il a ensuite travaillé sur un opéra bouffe La Botte Secrète de Claude Terrasse porté par la compagnie Les Brigands, qui a été donné au Théâtre de l’Athénée à Paris en décembre 2011 et en tournée. Il a dernièrement travaillé sur Rigoletto de Verdi, avec la compagnie de rue Les Grooms.

Friand des coécritures Pierre a commencé ce type de travail avec Nouara Naghouche. Il l’a poursuivi avec Guy Bénisty pour l’écriture d’une épopée chevaleresque Un Cœur mangé, créée au Théâtre du Peuple. Avec Annie Ebrel, pour Le Chant des soupirs, il s’agissait aussi d’une écriture en complicité. Quant à la dernière création au Quartz, Bigre, c’est un spectacle burlesque sans parole dont l’écriture scénique s’est faite avec les comédiens Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan. Il se joue au Théâtre Tristan Bernard à Paris depuis mai 2016, après une exploitation triomphale au Théâtre du Rond Point et deux tournées en province. Le spectacle reprendra les routes françaises (et Suisses) en janvier 2017. Il totalise plus de 200 représentations.

Côté formation, après avoir réalisé un grand nombre d’ateliers en Alsace et en Lorraine, Pierre Guillois a travaillé, en mars 2012, avec les étudiants de l’ENSATT pour un Atelier/Spectacle et a écrit pour eux Loin du soleil – comédie de couloirs. Il a réalisé des ateliers avec des amateurs en partenariat avec l’ADEC 56, avec la FNCTA et avec la Maison du Théâtre à Brest.

Les prochains projets de la compagnie sont : Au Galop de Stéphanie Chêne (mars 2017) et L’Opéra porno de Pierre Guillois (juin 2017).