Foutue Bergerie Marc Bodnar
© Martin Argyroglo

Au Quartz, une fable sur le monde paysan d’aujourd’hui brillamment mise en scène par Pierre Guillois

Pierre Guillois au Quartz, à Brest, c’est un peu comme jouer à la maison. Le Grand Théâtre est plein. Les fidèles sont au rendez-vous. Les nouveaux se montrent très curieux. Après l’énorme succès de son précédent spectacle, Les gros patinent bien, que peut-il avoir encore imaginé pour nous surprendre ? Foutue bergerie ose tout.

Deux catégories de personnages

Cette fable sur le monde paysan d’aujourd’hui ne donne pas de leçons, mais soulève de nombreuses questions à travers le portrait intime d’une famille. La scène d’ouverture est bouleversante et une gageure scénographique. Les personnages se divisent en deux catégories, les humains et les animaux, chacun ayant bien sûr son point de vue sur les différentes situations. Et en fil rouge, une journaliste se débat pour apporter une vérité.

Une mise en scène ultra-créative

On est frappé par la qualité de la distribution et la capacité des comédiens à passer d’un rôle à l’autre. Un engagement de chaque instant. On savoure le texte et la mise en scène ultra-créative de Pierre Guillois. On aime toute cette dérision, ce sens de l’absurde, ces moments de gêne qui nous poussent dans nos retranchements, cette poésie touchante et décalée.

Comme on ne racontera pas l’histoire pour ne pas gâcher la surprise aux futurs spectateurs, encore un mot sur le magnifique travail de lumières. On insiste sur les trouvailles scénographiques. Le spectacle est jeune. Son rythme gagne peut-être à être encore un peu peaufiné pour davantage de fluidité. Mais ces ruptures et ces soudaines lenteurs ne font-elles pas aussi partie d’une vie où on entend les mouches voler ?